lundi 1 juin 2015

Momentum et inertie


En physique, le momentum est une quantité de mouvement. Il fait référence à l’impulsion reçue d’un objet ou d'une masse.

Dans la vie de tous les jours, le momentum se manifeste par une opportunité, un événement extérieur à soi. Que se soit par chance ou par providence, on reçoit alors un élan, une force externe qui n’a rien à voir avec la volonté. Comme si la Vie nous envoyait un coup de pouce, un coup de main, ou encore une petite poussée pour démarrer, on avance fièrement avec le sentiment d’avoir le vent dans les voiles.

Divers éléments peuvent toutefois nous faire perdre le momentum et ainsi freiner notre avancée. La peur, le doute ou la rumination peuvent ralentir un mouvement, voire l’avorter, et paralyser.

Puissante émotion primaire, la peur est capable à elle seule de figer tout mouvement (voir « La peur au ventre »). Les pensées excessives et des états émotionnels passagers comme l’angoisse, l’anxiété ou la dépression, par exemples, créent pour leur part de la turbulence dans les mouvements, perturbant alors le flux naturel du courant vital.

Aux antipodes du momentum se trouve un autre phénomène de la mécanique classique, l’inertie. Celle-ci évoque la résistance d’un corps ou d’une masse aux variations de vitesse. Au quotidien, l’inertie prend la forme d’un corps sans énergie, incapable de mouvement ou résistant à tout changement de vitesse ou de direction.

En psychologie, on parle alors de résistance au changement, une notion freudienne qui fait référence à cette profonde difficulté qu’a l’être humain à changer ses habitudes et comportements. Outre l’énergie qu’elle exige, l’effort énorme qui doit y être investi, la résistance peut également engendrer de la souffrance, de la douleur, un sentiment d’échec ou bien un état de torpeur (1).

Car la Vie elle-même est en mouvement, un courant énergétique en déplacement continu. Vouloir contrôler ou diriger ce flux vital, tout comme le passage du temps, est non seulement impossible, mais source potentielle de tension et de déséquilibre.

Il est donc préférable, et même bénéfique, de suivre ce courant vital, d’aller avec lui, de se laisser porter par lui et, comme on dit en anglais, « Go with the flow ».


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(1) La dépression peut aussi être la cause d’une immobilisation de l’organisme humain. Il ne s’agit donc pas, dans ce cas, de résistance aux changements, mais bien d’une maladie altérant la biochimie du cerveau.