lundi 5 octobre 2015

Freeze! Le figement


Le mouvement attire le regard. C’est le stimulus le plus fondamental du sens de la vision. Pour cette raison, face aux dangers ou à une menace probable, l’être humain fige. Aux côtés des réactions de combat et de fuite, c’est là une des réactions automatiques du corps servant l’instinct de survie.

D’un point de vue évolutif, le figement est la réaction la plus primitive du corps humain et animal. En plus de prévenir la détection, l’immobilisation facilite le camouflage.

C’est l’émotion de la peur qui est responsable de son déclenchement. On dit par exemple être « glacé de peur », « blanc de peur » ou encore, en anglais, « Frozen like a deer in headlights ». Dominante, froide et extrêmement puissante, la peur paralyse le corps. Elle glace le sang, avorte tout mouvement et inhibe même certaines fonctions vitales, comme la faim et la digestion par exemples (voir aussi La peur au ventre). En infligeant une immobilisation, un arrêt subit et immédiat de tout mouvement, l’émotion de la peur sert ultimement un rôle de protection.

Tout comme les réactions automatiques de combat et de fuite, le figement est gouverné par le système nerveux sympathique. Mais contrairement aux deux autres réactions, l’individu est paralysé et les mouvements corporels deviennent impossibles.

Or, sous le couvert de l’immobilité, l’organisme subit néanmoins une forte activation physiologique. Il s’agit là d’un état interne de haute alerte, un engagement physiologique intense, mobilisant toute l’attention. Autrement dit, malgré l’absence de mouvement externe, la personne se retrouve sous haute activation interne.

Physiologiquement parlant, les réactions automatiques du corps de combat, de fuite et de figement s’opposent à la réaction d’évanouissement régie pour sa part par le système nerveux parasympathique (voir aussi S’évanouir ou fuir sans courir).

Inscrites en nous à différents degrés et selon les contextes, il reste à savoir si vous êtes plus sympathique ou parasympathique.