lundi 13 avril 2015

L’intelligence ou les intelligences?


Les tests servant à mesurer l’intelligence humaine affluèrent aux États-Unis au début du 20ième siècle. Développés par des hommes de race blanche issus de milieux favorisés, ces outils, à l’origine, dévoilaient beaucoup plus les différences culturelles et socio-économiques entre les individus que l’intelligence à proprement parler. Standardisés depuis, ils servent essentiellement à mesurer des fonctions cognitives.

Une question fondamentale demeure toutefois, qu’est-ce que l’intelligence? C’est là une notion fort complexe puisque l’intelligence se manifeste sous diverses formes dont certaines sont difficilement mesurables.

La théorie des intelligences multiples, par exemple, publiée en 1983 par le psychologue américain Howard Gardner, en identifie à elle seule neuf : l’intelligence logique ou mathématique, spatiale, linguistique, kinesthésique, musicale, interpersonnelle, intra-personnelle, naturelle et existentielle.

Dans les années 90, surgit également le concept d’intelligence émotionnelle grâce aux travaux du psychologue américain Daniel Goleman. Dès lors, et principalement en raison du développement technologique permettant de visualiser les réseaux neuronaux activés dans les processus somato-cognitifs, les études portant sur les émotions, plus précisément sur le « cerveau des émotions », connaissent un véritable essor.

Mais existent-ils d’autres formes d’intelligence encore insoupçonnées?

Les animaux, on le sait, sont très intelligents. Munis pour la plupart d’un tout petit cerveau, ils opèrent fondamentalement grâce à leurs instincts et pulsions. Pour d’autres organismes vivants, cette intelligence n’a absolument rien à voir avec la cervelle ou même sa taille puisqu’ils en sont dépourvus. C’est le cas de la méduse.

Dotée de quelques cellules nerveuses connectées à un système sensoriel des plus raffiné, la méduse ne pense pas, elle réagit. Constitué à 98% d’eau, ce féroce prédateur aux apparences trompeuses vit en parfaite symbiose avec son environnement et ces variations, faisant de cet organisme vivant, apparu il y a plus de 650 millions d’années, l’un des plus anciens de la planète. Contrairement aux dinosaures, les méduses ont survécu, démontrant une étonnante capacité d’adaptation, et donc de survie, une force intrinsèque à l’intelligence vitale.

Le mouvement vital n’est-il pas la plus haute forme d’intelligence qui soit? Son expression absolue? Or, la Vie ne se mesure pas, elle se déploie tout simplement.